Petite analyse du jeu A Quiet Place : The Road Ahead, une adaptation de la saga cinématographique Sans un Bruit en jeu vidéo. Une proposition efficace aussi bien dans son gameplay que dans son immersion. Pour plus de sécurité lisez bien cette analyse en prenant soin de ne pas faire de bruit…

La meilleure défense, c’est le silence

Si mon expérience de gamer m’a appris quelque chose sur les adaptations de jeux vidéos en film, c’est que ça passe ou ça casse. Un peu simpliste comme constat non ? Pourtant, c’est le cas. Et bien trop de fois, ces expériences cassent. On peut penser à la licence Resident Evil qui, malgré les 3 premiers films assez rythmés, s’est laissée dépérir dans un exploit de combiner la simplicité et l’extravagance en même temps en donnant lieu à des heures de visionnage assez indigestes. Ou encore le film Assassin’s Creed qui est une véritable insulte aux fans de la licence d’Ubisoft avec des producteurs qui ont juste voulu montrer qu’ils ne maîtrisait pas du tout le sujet mais “pas de soucis les amis ! On a Michael Fassbender ! C’est Magnéto dans X-Men !”. Sans oublier l’adaptation cinématographique de la saga Max Payne (j’espère que Remedy a porté plainte après ça. Une scène de Bullet Time. UNE !).

Mais qu’en est-il du sens inverse ? C’est la question que je me suis précisément posée en testant le jeu A Quiet Place : The Road Ahead, un jeu d’horreur et d’infiltration développé par Sabotage Studio et directement inspiré de l’univers de la saga débuté en 2018. Le jeu se déroule dans un monde post-apocalyptique ravagé par des créatures aveugles mais dotées d’une ouïe sur-développée. Les joueurs incarnent des survivants qui doivent évoluer en silence pour éviter d’attirer ces monstres. L’histoire suit un groupe de personnages tentant de survivre, de trouver des ressources et de découvrir des moyens de combattre les créatures, tout en explorant des environnements abandonnés et hostiles. Mais en plus d’affronter ces abominations terrifiantes, ils devront aussi faire face aux fantômes de leur passé sur le point de détruire leur cohésion de groupe jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à sauver. 

avis A Quiet Place jeu

Recréer l’ambiance de John Krasinski

Ce qui frappe en premier dans le jeu c’est l’atmosphère retranscrit des films qui est si immersive, avec une reproduction à la perfection de la tension et des aspects angoissants du film : aucune musique ou de bruit superflu qui donne une couche supplémentaire de réalisme et un stress à son paroxysme. Un léger craquement de bruit, une porte qui grince ou une respiration trop forte peut déclencher une attaque et mettre fin à votre périple (si vite ? Oui c’est le principe du film). On sent bien la collaboration des développeurs avec les créateurs de la saga, dont l’acteur John Krasinski (qui interprète Lee Abbott dans les deux premiers films), afin de garantir une cohérence totale avec l’univers cinématographique.  Chaque action (marcher, courir, ramasser un objet, casser une vitre) génère un niveau sonore différent. Les créatures réagissent en conséquence : un bruit léger peut les avertir, un bruit fort les attire immédiatement, ce qui donne lieu à des moments d’effroi digne d’Alien Isolation (en VR pour les moins cardiaques. Je n’en fais pas partie). 

Vous l’aurez compris, votre façon de jouer va donc se modeler essentiellement sur le silence. Il vous faudra marcher lentement, faire attention aux objets bruyants dans votre environnement et utiliser des outils (comme des tapis pour étouffer les pas) pour survivre. Les niveaux sont remplis d’objets bruyants (portes grinçantes, planches instables, alarmes) ou de pièges (fils tendus, zones effondrées). Il vous faudra donc observer et anticiper pour éviter les erreurs. Une mécanique de jeu unique qui rend chaque décision cruciale.

Ce jeu représente un défi constant. Si vous êtes du genre à abandonner facilement je vous invite à regarder les gameplays, ça sera plus approprié. En effet, en plus d’être reproduits à l’identique en termes de détails physiques, les créatures sont imprévisibles et mortelles. Leur design, leurs mouvements et leurs comportements sont identiques à ceux des films, avec une Intelligence artificielle qui réagit aux bruits de manière crédible. Le jeu ne pardonne pas les erreurs, ce qui crée une tension permanente (une certaine satisfaction quand on parvient à survivre aussi). Et pour ne rien arranger, les monstres agissent de manière imprévisible. Elles ne suivent pas de script, réagissent aux bruits, explorent les zones suspectes, et peuvent même tendre des embuscades. Leur IA est conçue pour surprendre le joueur. Une créature peut faire semblant de partir, puis revenir brusquement si elle entend un bruit. Ces séquences ont donné naissance à des compilations de réactions de qualité sur Youtube (on pourrait presque en rire de ces mauvais tours. Presque).

Une nouvelle histoire imbriquée dans la saga Sans un bruit

Un autre aspect du jeu assez remarquable est sa capacité à devenir un élément complémentaire aux films de par son histoire, qui prend vie après les 3 premiers opus, avec des références aux événements clés (la mort de certains personnages, les découvertes scientifiques…). De plus, les personnages secondaires et les notes disséminées dans le jeu approfondissent l’univers sans le trahir, en ajoutant des histoires parallèles crédibles. Au-delà de la menace constante des abominations à l’ouïe fine, le jeu met en avant les relations entre les personnages, comme dans les films. Protéger sa famille ou ses alliés ajoute une dimension émotionnelle forte, ce qui renforce l’immersion et l’attachement aux personnages. Les interactions entre personnages (un père qui console son enfant, un couple qui se protège malgré un asthme sévère, des relations familiales soudées en apparence avec des fondations fragiles) sont au cœur du jeu, comme dans les films.

Les personnages communiquent seulement par des chuchotements, des gestes, des expressions faciales ou des notes écrites. Une couche de réalisme et de tension supplémentaire car chaque interaction doit être silencieuse (au cas où ce n’était pas assez clair) sous risque de mourir en un instant. Parce que bien évidemment, vous n’êtes pas un super-héros avec une barre de vie qui se régénère en vous reposant. Les personnages meurent en un seul coup s’ils sont repérés. Une erreur et le prix fort sera payé. Il en va de même pour les enfants et les personnages secondaires qui sont aussi vulnérables que les adultes. Ces moments renforcent l’attachement et la peur de les perdre à tout moment.

Au niveau du game design, les environnements du jeu (fermes abandonnées, forêts denses, villes fantômes) sont aussi directement inspirés des lieux emblématiques des films. On y observe un soin des détails : affiches déchirées, traces de lutte, objets du quotidien laissés à l’abandon (jouets, journaux, photos). Tout rappelle la vie d’avant l’invasion et la désolation actuelle. Toujours équipé d’un casque pour ce type de jeu, l’une des plus grandes prouesses de A Quiet Place réside dans la 3D audio afin que le joueur perçoive la direction et la distance des bruits (pas d’une créature, chute d’un objet). Cela force à écouter activement, comme les personnages de la saga qui tendent l’oreille pour survivre.

Que faut-il retenir du jeu A Quiet Place : The Road Ahead ?

A Quiet Place : The Road Ahead est un jeu qui ne se contente pas de copier les films. Le joueur est plongé dans un univers en utilisant les mêmes codes narratifs, sonores et émotionnels. Alors si vous avez aimé les films et que vous disposez de 8 heures à consacrer à ce périple, vous ne serez pas déçus par le résultat qui est une expérience aussi immersive que les films, où chaque décision compte, chaque bruit peut être fatal, et chaque moment de calme est une victoire. Mais la tempête n’est jamais bien loin et peut apparaître sous de nombreuses formes.

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