Aujourd’hui je vous propose un test de Still wakes the Deep dans lequel j’ai décidé de m’immerger après avoir été captivé par sa bande-annonce intrigante. Ce survival-horror a la particularité de se dérouler dans un lieu isolé en pleine mer. Petit retour sur mon jeu le plus perturbant de cette année, qui ne m’a pas laissé indemne.

Very bad « Thing »

Toujours avide de jeux d’horreur, j’ai décidé de laisser les zombies de côté et de revenir à des jeux aux concepts plus abstraits. Coup de bol, il ne m’a pas fallu beaucoup de temps avant de tomber sur la bande-annonce du jeu Still Wakes the Deep. Sorti le 18 juin 2024, ce jeu développé par le studio The Chinese Room se déroule sur une plateforme de forage pétrolier nommée Beira D. Au fin fond de la mer du Nord en Écosse dans les années 70. Le personnage interprété est Cameron “Caz” MacLeary, électricien de Glasgow qui, suite à une catastrophe liée au forage, doit chercher les survivants de cet incident et s’enfuir de cette plateforme. Ils vont très vite se rendre compte que le problème de forage n’est pas un cas anodin. Quelque chose de sombre s’est infiltré sur le site et les surveille de (très) près.

L’une des premières choses qui m’a marqué après une heure de jeu est la ressemblance frappante de cette œuvre avec le film The Thing. En effet, le jeu avait été pitché lors de son développement comme ce dernier mais sur “une plateforme pétrolière”. Pour ceux qui ne connaissent pas The Thing, c’est un film d’horreur culte de John Carpenter initialement sorti en 1982. L’histoire prend place en Antarctique où une équipe de chercheurs américains se lancent à la poursuite d’une entité extraterrestre dangereuse, capable d’assimiler et reproduire tous les organismes. S’ensuit alors un jeu du chat et de la souris avec un supplément paranoïa. Comment faire face à une menace qui peut aller jusqu’à prendre l’apparence de vos proches ?

Enfin les espaces confinés et les détails techniques de la plateforme pétrolière renforcent l’immersion, tout comme la base antarctique de The Thing. On retrouve une ambiance maussade, grise et brumeuse qui donne un sentiment de fatalité. Aucune aide ne leur sera apportée. Ils sont livrés à eux-mêmes face à un danger qui peut surgir de nulle part et sous toutes les formes. 

the thing John Carpenter

Réalisation et immersion de haute volée

Bien qu’il soit relativement court (il faut compter 5h de jeu pour faire le tour), les plus sensibles d’entre nous (moi compris) pourraient prendre plus de temps que prévu pour conclure cette aventure. Et ce pour plusieurs raisons. La première est le fait que ce jeu peut faire ressortir de nombreuses phobies comme la claustrophobie, la thalassophobie ou encore l’ablutophobie (pour ne citer qu’eux). Le design de Still Wakes the Deep y est pour beaucoup avec des graphismes à couper le souffle qui nous plongent dans cet univers comme si on vivait cette lutte pour notre propre survie. Le jeu de lumière est tout simplement magistral et aide à renforcer ces différentes phobies. On se retrouve assez souvent à naviguer sur des plateformes fragiles en hauteur, dans des salles oppressantes remplies de tuyaux sales et rouillés ou encore dans des zones inondées. 

Le son a aussi son rôle à jouer avec des bruits qui vous rappelle qu’une menace rôde et vous traque constamment. Il est fortement conseillé de faire cette expérience avec un casque pour se rendre compte du travail apporté au sound design et de tous les détails ajoutés dans ce jeu, le rendant totalement immersif (les lumières qui clignotent, les objets qui tombent en pleine session furtivité, les cris, les gouttes d’eau). Tout doit être abordé avec méfiance. La bande-son vient ajouter ce sentiment d’impuissance et d’oppression constante, comme une massue sur la tête.

Afin de nous délivrer un jeu authentique, les développeurs se sont appuyés sur de nombreuses archives liées aux plateformes pétrolières britanniques des années 70, aussi bien sur le plan technique (incidents de plateformes pétrolières, plans et schémas industriels,…) que sur le plan professionnel (témoignages d’anciens travailleurs sur les conditions de vie sur une plateforme, uniformes de travail,…) ou social (photos de l’équipage, décorations au sein de la plateforme, argot industriel et technique). Les créateurs du jeu ne se sont pas arrêtés là et ont demandé l’aide d’experts des plateformes pétrolières (historiens, ingénieurs,…) afin de valider les procédures techniques opérées sur ces plateformes. Pour la partie mentale, des psychologues spécialisés dans la gestion du stress et la paranoïa ont aidé à retranscrire ces effets qui peuvent arriver dans la vie en mer, isolée du reste du monde.

Un gameplay intelligent

Le gameplay représente pour moi la cerise sur le gâteau. Si vous vous imaginez trouver une arme blanche, un revolver ou un lance-flammes dans Still Wakes the Deep, c’est peine perdu. Le personnage ne sait pas se battre et n’est pas athlétique. C’est une décision des développeurs de mettre en avant un personnage lambda dans une situation qui est tout son inverse. Cela renforce le sentiment d’impuissance chez le joueur. MacLeary est malgré tout très attachant et brave (pas le choix pour sortir de cette horreur). 

Vos seules armes seront la furtivité, la ruse et les différentes cachettes et objets proposés par le jeu afin de contourner les dangers. De plus, la sensation d’être totalement abandonné est omniprésente. Certes, vous serez amené à avoir des interactions avec d’autres personnages, mais sur de très courtes durées. Comme une impression d’être isolé du reste du monde, à la merci d’une terrible menace.

Conclusion de ce test de Still Wakes The Deep

Si vous aimez les jeux courts qui vous glacent le sang sans recourir aux jump-scares faciles, Still Wakes the Deep est un incontournable du survival-horror à découvrir sur Steam. Mais attention : chaque détail allant du bruit des plateformes à l’expression des personnages comptera dans votre approche du jeu. Restez toujours sur vos gardes !

Articles similaires