Les licences cultes de jeux vidéo de football connaissent une année compliquée marquée par une perte de joueurs et la déception de nombreux habitués sur ce que sont devenus les deux rivaux du genre. Ces joueurs déçus ont désormais tendance à se rabattre vers de nouveaux jeux, une aubaine pour un genre qui voit de nouveaux concurrents s’installer.

Le constat est sans appel : jamais les joueurs n’ont été aussi déçus de leurs jeux de football. Que ce soit FC26 ou eFootball, la déception est au rendez-vous et l’exil de plus en plus visible.

Prenons ainsi l’exemple des streams Twitch sur ces deux jeux : pour FC26, au lancement du jeu, on comptait en moyenne 50 000 spectateurs sur la catégorie. Aujourd’hui, ce chiffre varie entre 2 000 et 5 000 spectateurs en moyenne, soit une perte de 90 % sur l’année.

Pour eFootball, la baisse se remarque davantage par rapport aux années précédentes : PES 2018 tenait une moyenne à environ 1 000 spectateurs, tandis qu’aujourd’hui le jeu peine à dépasser les 300 visionnages. Pour autant, les joueurs sont toujours aussi intéressés par les jeux de football.

Il faut donc analyser plus concrètement les raisons du recul de ces deux mastodontes, mais également les alternatives qui existent pour redorer le blason de la simulation de football.

FC26 : un géant dominant mais contesté par sa propre communauté

FC26

Si la déception autour de FC26 est aussi grande, c’est surtout parce que EA Sports a déployé une immense communication autour de la sortie de ce dernier opus, centrée sur «Nous vous avons entendu», promettant une réponse aux critiques des fans lors de FC25. Pour autant, cette déception se concentre principalement autour du mode Ultimate Team, puisque les communautés Carrière et Club Pro sont moins véhémentes autour de cet opus.

Alors concentrons-nous sur le mode le plus populaire de FC26 : Ultimate Team. Le reproche le plus récurrent cette année vient du fait que les joueurs Free to Play se sentent délaissés par les développeurs au profit des joueurs qui investissent de l’argent dans la boutique. Les récompenses en jeu sont jugées insuffisantes, le grind de packs en SBC largement réduit par rapport à l’an dernier. À l’opposé, les packs disponibles à l’achat avec des Points FIFA (argent réel) sont toujours plus nombreux et plus intéressants.

Côté gameplay, on critique un skill gap devenu bien trop exigeant pour les joueurs modestes ou au niveau plus faible, avec un matchmaking de plus en plus déséquilibré, qui associe des joueurs très à l’aise sur le jeu à des joueurs bien moins forts qu’eux, créant un inévitable sentiment de frustration autour de leur expérience de jeu.

Le mode Coupe du Monde 2026 pourrait permettre de ramener des joueurs sur le jeu, mais FC27 s’annonce clairement inquiétant si les changements nécessaires ne sont pas apportés. Beaucoup de joueurs ont déjà quitté le jeu depuis FC24 ; si la tendance ne s’inverse pas, il sera bientôt trop tard pour sauver la licence FC.

eFootball : une transition en Free-to-Play qui n’a jamais fonctionnée

eFootball

Soyons honnêtes, si FC est dans la tourmente, son principal concurrent est clairement au fond des abysses. Depuis son passage au free-to-play, eFootball n’a jamais su satisfaire sa base de joueurs, réussissant même à la décevoir d’année en année. La clémence était de mise au moment de découvrir la nouvelle mouture de PES, marquée par la fin des modes Vers une Légende et Ligue des Masters, avec pourtant la promesse de revoir ces modes arriver dans le futur. Quatre ans après, il n’en est toujours rien.

Le gameplay est jugé profondément décevant, et le jeu répétitif à souhait, avec finalement l’un des plus grands concurrents de FIFA/FC devenu une version moins complète d’Ultimate Team. Le manque de contenu hors-ligne, notamment l’absence de la Ligue des Masters, a beaucoup déçu une communauté qui s’est détournée du jeu.

Pour autant, KONAMI tente de surfer sur certains événements pour reconquérir son public, avec notamment l’inclusion de compétitions exclusives telles que la Coupe du Monde des Clubs 2025 ou la Coupe d’Afrique des Nations. Une satisfaction pour beaucoup de joueurs de voir ces compétitions déployées dans le jeu, malheureusement sans grand changement graphique. C’est sans doute une des critiques les plus récurrentes de cette version de eFootball : le jeu n’a jamais vraiment changé. En termes de graphismes, de design et de menus, le jeu est resté identique à sa première version. Les ajouts en termes de gameplay existent, mais ils sont bien trop insignifiants pour redorer le blason de la licence.

Revenons pourtant sur cette Ligue des Masters, car Konami a bien tenté de la réintégrer, ce qui aurait clairement été un sacré coup pour ramener d’anciens joueurs sur le jeu. Mais fidèle à sa gestion du jeu depuis le passage en free-to-play, le studio japonais n’est pas allé au bout du projet et en a fait un mode temporaire qui n’aura duré que six jours… Un affront majeur pour les joueurs OG de la franchise PES.

D’autant plus que la réalisation du mode est totalement échouée. Un système de saison où l’on ne peut jouer que 5 matchs par saison avec un système de vies qui oblige à attendre quasiment 1h30 pour en regagner alors que même les matchs simulés (non contrôlés par l’utilisateur) dépensent des vies.

En résumé, les chances de Konami de reconquérir des joueurs ont été totalement annihilées par les développeurs du jeu, les poussant de plus en plus vers d’autres jeux et d’autres alternatives.

GOALS : une révolution dans les simulations de football ?

Goals

C’est dans ce contexte d’abandon des jeux de football que GOALS arrive avec une approche assez différente de FC ou eFootball et c’est justement ça qui crée le débat. Le jeu mise sur une vision ultra gameplay-first, avec des contrôles très réactifs et un gameplay où chaque action doit répondre immédiatement à l’intention du joueur, sans lourdeur d’animation ni “script caché”. L’une des grosses nouveautés, c’est aussi son système de joueurs uniques et évolutifs : chaque joueur est généré de façon procédurale, progresse, atteint un pic de forme puis peut disparaître du jeu, ce qui crée une sorte de méta dynamique en constante évolution.

SI l’on ajoute à ça le crossplay total, un modèle free-to-play revendiqué vers l’absence de Pay-to-Win, et un focus assumé sur la compétition et l’eSport, et tu obtiens un projet qui ne cherche pas à rivaliser avec FC ou eFootball mais à proposer quelque chose de réellement neuf, une alternative pure skill. Mais c’est justement ça qui divise également : certains y voient enfin un jeu de foot plus lisible, d’autres trouvent que ça s’éloigne trop de la simulation classique pour devenir un jeu qui finira forcément par lasser pour son manque de réalisme.

Ce qui est sûr en revanche, c’est que la sortie de ce jeu, le 4 juin 2026 sera un véritable évènement et permettra peut-être de forcer les mastodontes à innover pour se défendre contre ce nouveau concurrent.

Rematch : casser les codes pour réinventer le football multijoueur

ReMatch

Rematch se distingue clairement des autres jeux de foot par une approche beaucoup plus libre du genre, et c’est justement ce qui a fonctionné dès le début car le jeu est innovant.

Dans Rematch, pas de simulation classique, mais une expérience ultra arcade en 5v5 où tu ne contrôles qu’un seul joueur à la troisième personne. Autre innovation forte : l’absence de stats individuelles figées, tout repose sur le skill pur du joueur et sa lecture du jeu. Rematch pousse aussi une vision “eSport friendly” avec des matchs courts, des mécaniques accessibles mais difficile à maitriser pour se rapprocher d’une philosophie proche de jeux comme Rocket League.

Pour autant, on y retrouve les mêmes critiques que celles faites à Goals, le jeu refuse de choisir le réalisme et préféré s’orienter vers un gameplay beaucoup plus arcade et dynamique, un choix assumé qui convainc de nombreux joueurs qui voient dans ce jeu, un moyen simple de passer une soirée drôle entre amis ou pour les plus compétiteurs de se lancer à l’assaut d’un nouveau jeu de football.

On peut donc conclure en disant que lorsque les mastodontes déçoivent, les alternatives indépendantes arrivent comme un vent d’air frais pour rappeler qu’il n’y a jamais qu’une seule façon de jouer à un jeu de football et qu’il est toujours positif pour une industrie de voir une concurrence émerger pour mettre la pression aux leaders déjà bien installés.

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